LES MATINALES AVEC LAURENCE CLERC

Productrice chez Alcatraz Filmsalcatraz-films

14 décembre 2016, 9h30
EMNS - 20 rue Berbier du Mets 75013 Paris

Mercredi 14 décembre, les étudiants de l’EMNS ont rencontré Laurence Clerc, productrice chez Alcatraz Films. 

Après un parcours en droit public et avoir été diplômée de Science Po, elle finit ses études à l’université de Columbia à New York. 

Elle se lance ensuite dans une nouvelle société de production : Rigolo Film 2000, porté par Olivier Granier pour la partie financière et Dominique Farrugia (ancien Les nuls). En dix ans, la société a produit 15 films, des spectacles et a créée 3 chaînes de télévision. Cette boîte de production a notamment vu passer des talents tels que Kad et Olivier, Franck Dubosc ou les réalisateurs Toledano et Nakache. 

Après cette première expérience, elle rentre chez Fidélité, une autre boîte de production, qui lui a permis de commencer à travailler dans la production et donc de découvrir le lien artistique entre un producteur et un artiste. Son premier film est ainsi Enter the Void, du sulfureux Gaspard Noé. 

C’est avec ce film qu’elle rencontre son associé Olivier Thery Lapiney et fondera en 2013 Alcatraz Films en présentant deux films, le premier fut La vie d’Adèle de Abdellatif Kechiche, qui a obtenu la palme d’Or, et le second Les salauds de Claire Denis. La société prépare d’ailleurs le dernier film de Claire Denis. Tous leurs films sont en coproduction à l’international. Laurence Clerc nous met tout de même en garde : le cinéma est un secteur qui alimente les fantasmes, mais la réussite d’un film ne se traduira pas forcément par des recettes futures pour le producteur car elles ont déjà été investis dans le film. Le métier de producteur peut donc être compliqué. 

Grâce à son expérience, Laurence Clerc a pu constater les difficultés liées au financement d’un film, les dépassements de planning et de budget qui ont régulièrement lieu doivent être constamment surveillés par le producteur. Elle s'appuie d’ailleurs sur le rapport Bonnell pour illustrer ses propos. Elle constate ainsi une explosion des coûts, que ça soit pour la rémunération des talents ou la conception même des films. Les talents donnent l’impression de s’échanger les projets ce qui donne peu de place aux jeunes et nouveaux talents, même si l’exemple de Baby-Sitting de Phillipe Lacheau tend à prouver le contraire et à renforcer l’idée que l’économie du cinéma est aléatoire et qu’un succès n’est pas écrit à l’avance. 

Laurence Clerc nous confie que son objectif est d’offrir du bonheur aux gens en faisant le lien entre le réalisateur et le public. Même s’il y a un côté très administratif dans ce métier, il faut également rencontrer des gens. Ce qui lui plaît est de produire des auteurs forts. 

Nous remercions Laurence Clerc pour le temps qu’elle nous a accordé, et d'avoir répondu à toutes nos questions.