Les Matinales avec Martin Ajdari

Directeur Général de la DGMIC

19 septembre 2018, 10hMartin-Ajdari
Lieu : Ministère de la Culture

Le mercredi 19 septembre 2018, les étudiants du master 2 Économie de la Culture et Numérique (ECN) ont été reçus au Ministère de la Culture par Martin Ajdari, directeur général des Médias et des Industries Culturelles (DGMIC). Favoriser la diversité culturelle, tant dans sa création que dans sa diffusion, est l’une des principales missions de cette direction. Ainsi, elle intervient sur toute la chaîne de valeurs du secteur, pour « compenser les failles du marché et favoriser la prise de risque », comme l’explique M. Ajdari.


La DGMIC veille pour cela à définir un cadre juridique favorable (par exemple, le prix unique du livre) et met en place des interventions directes sur le secteur (la subvention du secteur de la presse à hauteur de 260 millions d’euros, ou encore les crédits d’impôts pour la musique enregistrée). La question du numérique a été au cœur de notre échange, au regard des transformations qu’il entraîne dans l’ensemble des industries culturelles.


Comme le disait André Malraux, qui a donné son nom à la salle de notre réunion, la mission du Ministère de la Culture est de « rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité ». Le numérique ouvre le champ des possibles dans ce domaine, à condition de l’encadrer convenablement, sans quoi il pourrait se révéler destructeur.


L’outil numérique fait émerger de nouvelles formes de diffusion et de nouveaux acteurs concurrençant les acteurs traditionnels. Alors que pèse sur les acteurs historiques un cadre légal précis, les nouveaux entrants s’en affranchissent. Dès lors, une réflexion en profondeur s’impose autour de grands chantiers, comme la chronologie des médias ou encore la réforme de l’audiovisuel public. On peut ainsi espérer corriger les défaillances de marché qui s’instaurent.


Au regard des mutations du secteur de l’audiovisuel, il est aussi nécessaire d’assurer des systèmes d’aides à la création qui soient équitables et garants de la diversité en faisant contribuer l’ensemble des acteurs, dans la lignée de la directive SMA (Service de Médias Audiovisuels).


Par ailleurs, le numérique nous amène à repenser nos modes de consommation. Ainsi, le Pass Culture apparaît comme un instrument de diffusion ayant vocation à créer une « véritable communauté » de consommation de la culture. La philosophie de son algorithme garantira la découverte permanente de nouveaux contenus. Le Pass Culture souhaite combiner tant des financements publics que privés même si leurs répartitions exactes restent à préciser.


Enfin, le numérique a aussi vocation à s’incarner dans des lieux physiques. Ainsi, les bibliothèques doivent se réinventer en tant que véritables lieux de lecture publique et de mise en commun du savoir. Ce chantier, qui comprend notamment la question de l’extension des horaires d’ouverture, a été confié à l’académicien Erik Orsenna.


Nous retenons de cette rencontre l’existence d’une tension entre les opportunités offertes par le numérique et les enjeux qu’il représente pour l’ensemble des filières culturelles. En conséquence, le rôle des politiques culturelles, et notamment de la DGMIC, est alors de constamment réadapter le cadre légal et les interventions publiques pour garantir l’équilibre entre l’ensemble des acteurs culturels.

 

Les étudiants du master ECN remercient chaleureusement Martin Ajdari pour son intervention et le temps qu’il nous a consacré lors de cette rencontre.
Pierre Mamolo & Augustin Wolf