Les Matinales avec Quentin Sparfel

Culture Marketing Specialist chez Red Bull Music Academy

20 décembre 2017, 9h30
Lieu : École des Médias et du Numérique de la Sorbonne

Quentin Sparfel est responsable de la Red Bull Music Academy en France depuis un an. Il revient sur ce qui l’a amené à travailler dans le secteur de la musique. Chroniqueur pour le réputé collectif Midi Deux pendant ses études de droit à Rennes, il passe dans les murs d’une école de management où il enchaîne des stages en maison de disque et pour la célèbre la boisson énergisante aux taureaux rouges. Fort d’une première expérience dans le label Nymphony Records où il occupait la place de directeur artistique, Quentin commence sa carrière au sein du label Jive Epic de Sony Music, dédié au développement d’artistes. Un an plus tard, il est recruté par Red Bull au sein du pôle Culture et Marketing. Son rôle est notamment la mise en place et la réalisation d’évènements musicaux destinés à promouvoir la marque. Pour y parvenir, Quentin dispose d’un budget annuel qui serait comparable à celui d’un petit festival.

La Red Bull Music Academy (RBMA) célèbrera ses vingt ans l’année prochaine. Le concept fut adapté du modèle déjà mis en place par Red Bull pour les sports extrêmes. Il s’agit d’abord d’un évènement itinérant où soixante artistes du monde entier sont pré-sélectionnés parmi des milliers de candidatures par un jury composé de 27 professionnels. Pendant cinq semaines, Red Bull met à disposition de ces artistes des studios d’enregistrement, leur propose des cours de production musicale et les invite à des conférences données par des professionnels de l’industrie. Ainsi, Red Bull applique de manière concrète le slogan de la marque, “Red Bull vous donne des ailes”, en offrant à de jeunes artistes émergents l’opportunité de perfectionner leur art et de toucher un public plus large. Pour Red Bull, la logique marketing de cette académie repose sur les retombées médiatiques d’artistes qui deviennent connus par la suite et remercient la marque d’avoir donné un “coup de pouce” à leur carrière. Mais la RBMA ne se résume pas seulement à l’académie itinérante annuelle, qui a eu lieu, entre autres, à Berlin, Londres, New York, Cape Town, Sao Paulo et Paris. En parallèle de l’académie, des concerts et workshops sont organisés pour le public dans les quatre coins de la ville hôte. Red Bull s’efforce également d’organiser des festivals annuels dans le plus de pays possibles. Ainsi, le festival 2017 de la RBMA Paris s’est tenu au mois de septembre pendant une semaine, avec des évènements au Palais de Tokyo, à Montreuil et au Trabendo. En plus de cela, la RBMA est présente dans de nombreux festivals musicaux, en France et à l’étranger, via un simple sponsoring ou via une scène qui lui est dédiée et programmée par ses soins. Quentin nous explique que la diversité des évènements soutenus et organisés par la RBMA a pour but la création d’un “écosystème” étiqueté Red Bull autour de la musique underground.

Par ailleurs, il est important de rappeler que cet écosystème poursuit une finalité avant tout commerciale, notamment liée à la vente de canettes. La clientèle de la boisson Red Bull étant en grande partie associé aux soirées étudiantes, la marque se doit de transmettre une image décontractée afin de stimuler les ventes. Pour ce faire, la marque n’hésite pas à user de la technique du “content marketing”, en organisant des évènements au caractère exceptionnel, afin d’élargir sa clientèle. A l’image des stratégies de marketing mises en place par la branche dédiée aux sports extrèmes, la RBMA se différencie des autres évènements organisés par les acteurs de la scène artistique établie.

Quentin, en tant que mélomane averti, trouve naturellement sa place dans le projet marketing de la société. Il doit non seulement se tenir informé des dernières tendances musicales qui touchent le public visé, mais aussi jouer un rôle de précurseur afin que Red Bull garde sa notoriété sur la scène artistique émergente.

Toute la promotion du master ECN remercie chaleureusement Quentin Sparfel pour ces discussions et sa vision.
Steven Tallec & Grégoire Bideau