Les Matinales avec David Bruckert

David Bruckert 2

 

Secrétaire Général de l'Institut du Monde Arabe

 

6 février 2019, 9h30

Lieu : École des Médias et du Numérique de la Sorbonne

 

Après des études dans une grande école de commerce, David Bruckert s’est rapidement orienté vers le domaine culturel, en obtenant un premier poste au sein du Ministère de la Culture en 2010.

Sa mission était de s’occuper des relations entre le Ministère et environ 80 structures culturelles qui s’inscrivent dans des champs variés et notamment dans les industries culturelles. Par la suite, David Bruckert s’engage en 2012 dans l’association de préfiguration du Centre National de la Musique (CNM) en tant que Directeur Adjoint. Son rôle principal était d’étudier les grandes dynamiques de la chaîne de valeur ainsi que la répartition des revenus au sein de la filière musicale.

Suite au l’abandon du projet (récemment repris) du CNM en 2012, David Bruckert prend son poste actuel à l’Institut du Monde Arabe (IMA) en tant que secrétaire général. Il possède à la fois les fonctions d’un Directeur Général Adjoint, mais aussi celles de Directeur Administratif et Financier (contrôle de gestion, DRH).

David Bruckert est arrivé à l’IMA (financé à la fois par le Ministère des Affaires Étrangères et par des ressources provenant de la sphère privée) dans une période relativement délicate : diminution des contributions publiques dans le secteur culturel, et environnement hyper concurrentiel pour obtenir des financements extérieurs. Se pose  alors la question de la diversification des ressources financières.

Dans ce contexte, l’IMA a pris la voie de la valorisation stratégique de ce qui constitue sa matière économique principale : les réseaux économiques, politiques et diplomatiques avec les pays du monde arabe (en dehors d’un travail d’optimisation des ressources de billetterie et de produits dérivés, qui tout en étant des ressources importantes ne sont pas suffisantes pour atteindre un équilibre financier). Ainsi, l’Institut monétise l’accès à ses réseaux à travers notamment l’organisation de rencontres économiques, cocktails et visites privées. Ce type d’événements est principalement à destination d’entreprises françaises, mais les efforts d’internationalisation des partenaires commencent actuellement à porter leurs fruits.

Une autre source de diversification des ressources économiques récente repose sur des modèles de partage de risques en ce qui concerne les nouveaux projets artistiques et culturels. En effet, l’IMA mène des projets en co-production avec d’autres structures culturelles, ce qui permet la mutualisation d’une partie des coûts ainsi que des économies d’échelle (c’est par exemple le cas de l’exposition « aventuriers des mers », menée avec le Mucem de Marseille). En outre, l’IMA se pose aussi en tant que prestataire de services pour des tiers. Dans ce type de prestation, c’est généralement le porteur du projet qui finance la totalité du projet (c’est le cas notamment de l'exposition "Il était une fois l'Orient Express" », projet financé par la SNCF qui se situe à l’intersection entre l’exposition d’art et la communication événementielle).Outre les pratiques de diversification des ressources déjà évoquées, l’IMA met aussi l’accent sur sa présence à l’international. En effet, à l’instar de nombreux musées, la structure développe l’itinérance des expositions qu’elle produit à travers des locations.

Finalement, l’IMA fait le pari sur les cours de langue arabe et notamment sur la conception d’une certification de validation de niveau, baptisée « CIMA » (Certificat International de Maîtrise en Arabe). À la manière du DELF pour la langue française, le CIMA a vocation à devenir la première certification mondialement reconnue de l’arabe moderne standard. Actuellement l’IMA bénéficie de 20 centres agrées en France comme à l’international.

 

Les étudiants du master ECN remercient chaleureusement David Bruckert pour son intervention et le temps qu’il nous a consacré lors de cette rencontre.

Gabriel Campero Arauco