LES MATINALES AVEC MARTIN AJDARI

Directeur Général des médias et des industries culturellesMartin-Ajdari

7 octobre 2016, 9h30
Lieu : Ministère de la Culture et de la Communication

Ce 7 octobre 2016, les étudiants de l’EMNS ont rencontré Martin Ajdari, directeur général de la DGMIC (direction générale des médias et des industries culturelles) au sein du Ministère de la Culture et de la Communication. 

Après nous avoir brièvement expliqué son parcours étudiant, Monsieur Ajdari nous a tout d’abord présenté son parcours professionnel. Ainsi, après quelques années passées à Bercy puis à RFI, Monsieur Ajdari prend le poste de directeur délégué à Radio France. Il est ensuite directeur adjoint de l’Opéra de Paris.

En 2010, il entre à France Télévisions où il passera quatre ans. Il y tient alors une fonction de coordination financière et de ressources humaines alors même qu’une phase de réorganisation interne se déroulait. En effet, ces années furent marquées par le choc conjoncturel économique qui n’épargna pas le marché publicitaire. Structurellement, les médias traditionnels ont vu leur part de marché dans la publicité s’effriter au profit des régies numériques, phénomène aggravé par la suppression de la publicité après 20h sur les chaînes publiques. Cette triple crise, sociale, digitale, et de baisse de ressources, oblige aujourd’hui les acteurs publics à rechercher des solutions à la transition digitale vers l’offre numérique, en considérant les plateformes telles YouTube avant tout comme des partenaires indispensables au développement des offres spécifiques, tout en préservant la diversité des programmes.      
Après son passage à France Télévisions, Monsieur Ajdari sera brièvement directeur de cabinet chez Madame Aurélie Filippetti puis Madame Fleur Pellerin au moment de la crise des intermittents du spectacle.     

Enfin, depuis juin 2015, il travail au sein de la DGMIC. A la tête de cette direction, il est chargé d’apporter à la Ministre une expertise en matière de politiques culturelles. Le champ d’action de son service recouvre la presse, l’audiovisuel, la musique, le théâtre, l’édition, et va consister en un soutien public aux différents opérateurs de ces domaines, tout en suivant les objectifs fixés par la politique gouvernementale et en particulier la mission de diversité culturelle. Par exemple, il s’agit de ne pas délaisser le cinéma d’auteur au profit de blockbusters. De même dans le secteur de la musique : il faut gérer des conflits de coûts entre grandes plateformes de streaming et petites production indépendantes, ou entre petites plateformes et maisons de disques influentes.            
Une autre tâche à accomplir est le développement technologique des médias. La DGMIC est chargée de coordonner le passage au numérique dans le domaine audiovisuel comme par exemple en préparant l’avènement de la 4K (ou Ultra HD) dans la télévision.                 
Le but est toujours de trouver de nouveaux modèles économiques dans un monde de plus en plus numérique, et d’inciter à la diversification en permettant de nouveaux débats entre les différents acteurs (par exemple entre producteurs et plateformes). L’objectif est, à travers la médiation, de proposer et d’entretenir un dialogue.

Nous avons ensuite pu poser des questions à M. Ajdari. Parmi les thèmes abordés, l’utilisation d’enquêtes sur les publics permettant au Ministère de mieux concevoir et conduire les politiques, ou l’utilisation de la nouvelle hausse budgétaire accordée à la culture. La DGMIC va à la fois renforcer ses actions actuelles (soutien à l’AFP face à la concurrence des agences internationales (comme Reuters), mais aussi développer les activités avec la création d’un Observatoire de la Musique chargé d’étudier et d’évaluer les politiques concernant le secteur musical.          
M. Ajdari nous a fait part de la création de structures d’innovation dédiées à la presse, via la mise en place d’incubateurs, afin de préparer au mieux la transition du format papier vers le numérique. Les stratégies à mettre en place aujourd’hui sont donc essentiellement tournées vers le numérique.

Cette rencontre nous a ainsi permis d’avoir une idée de l’étendue du pouvoir de l’Etat en matière culturelle. En effet si celui-ci dispose de leviers d’action importants et efficaces, il doit aussi se heurter à des réalités économiques et politiques comme la présence de lobbys au sein de l’économie culturelle.

Nous remercions Monsieur Ajdari pour le temps qu’il nous a accordé, et pour avoir répondu à toutes nos questions.

Crédits photo : http://www.culturecommunication.gouv.fr