Visite à la Gaîté Lyrique

12 décembre 2017, 14hla-gaite-lyrique
Lieu : La Gaîté Lyrique

La Gaîté Lyrique - Un lieu historique pour les arts d’aujourd’hui et de demain

Quel point commun entre un solo de thérémine, la création d’une start-up, des danses urbaines sur des airs d’opéra et des jeux vidéo pour enfant ? Vous pouvez trouver toutes ces activités à la Gaîté Lyrique. Les étudiants du Master ECN ont eu, le 12 décembre 2017, accès à l’emblématique espace culturel dont la programmation allie spectacles, expositions et bien plus. Marc Dondey, directeur, et Aurélie Sellier, directrice des publics, ont raconté leur travail d’équilibriste, ou comment concilier l’exigence budgétaire avec l’accomplissement des missions culturelles de la structure.

La Gaîté Lyrique, une entreprise culturelle de service public

La Gaîté Lyrique telle que nous la connaissons aujourd’hui a été fondée en 2011 par 4 associés, en réponse à un appel à projet de la Ville de Paris, qui possède le bâtiment. Bertrand Delanoë, le maire de l’époque, missionne alors la jeune Société d’Exploitation de la Gaîté Lyrique sur un projet d’art numérique et de diffusion de spectacle vivant, par Délégation de Service Public (DSP). Grâce à une compensation de 5,8 millions d’euros par an, ce partenariat public/privé permet à la Gaîté Lyrique de déployer un large panel d’activités. Au total, 900 événements sont organisés chaque année sous forme de concerts (90) d’ateliers (350), de rencontres, d’exposition et de grands formats. Une forte exigence donc en volumétrie mais aussi qualitative. “On a explosé les objectifs du premier mandat de Délégation de Service Public» raconte Aurélie Sellier. Mais au renouvellement pour cinq ans de la DSP, les conditions du partenariat ont changé.

Le défi de faire bien avec moins

En passant d’une compensation de la ville de Paris de 5,8 à 4,3 millions d’euros pour le mandat de DSP de 2017 à 2022, le directeur Marc Dondey a dû faire des choix. “Les 4,3 millions ne permettent pas de couvrir nos frais de fonctionnement, à savoir l’entretien du bâtiment et la masse salariale.” Il précise que le budget total actuel est de 7,5 millions d’euros, et que la Gaîté emploie 78 “équivalents temps plein”. Il faut donc innover pour continuer à proposer des activités variées, d’où le développement des privatisations d’espaces ou d’étages entiers par des entreprises privées (environ 40 par an), du bar et du restaurant, et du recours à la coproduction pour les spectacles.

Mais il faut manier cela avec précaution a martelé A. Sellier. En effet, pour préserver l’identité de la Gaîté Lyrique, il est primordial de ne pas succomber à la logique de l’argent à tout prix. Ne faire que des concerts avec un bar qui tournerait à plein régime, en proposant moins de théâtre où le public consomme moins n’aurait pas de sens. Cela ne répondrait pas à la mission de service public confiée par la Mairie. De la même manière, ne proposer que des privatisations très rentables à des entreprises ou des administrations publiques signifierait ne pas programmer de concerts.

C’est donc dans cette posture d’équilibriste que l’équipe de 55 permanents s’affaire pour continuer de proposer deux concerts par semaine et un centre de ressource accessible à tous dans lequel nous rencontrons des semblables : jeunes, la vingtaine, travaillant leurs partiels derrière leurs Macbooks.

Mixer les publics, le défi de la Gaîté Lyrique pour demain

Le lieu peut compter sur un vrai noyau d’aficionados, avec 70% d’habitués souvent jeunes. “C’est une vraie force aujourd’hui d’arriver à capter les jeunes publics mais il faut travailler encore pour diversifier les publics” explique le directeur. Le public, parisien et de la proche couronne en très grande majorité, est en effet souvent issu de CSP+. Pourtant, difficile de faire un procès en conformisme au lieu: Vogging, rencontres, ateliers et Grands formats destinée aux jeunes… La programmation est faite pour tous les publics. Et au-delà, la Gaîté semble pensée comme un tout pour que les divers pans de son activité convergent vers le même objectif: attirer, diversifier et mixer le public. Les résidents tel Technopole (organisateur de la Techno parade), Maxime Leguil, Studio Bruyant ou Red Corner sont ainsi choisis et accompagnés par la Gaîté Lyrique. La contrepartie: s’investir au maximum dans la vie de la Gaîté Lyrique.

Pour découvrir ce qu’est un thérémine, il ne reste plus qu’à venir à la Gaîté Lyrique, 3bis Rue Papin, 75003 Paris.

La promotion du Master ECN remercie chaleureusement les équipes de La Gaîté Lyrique pour leur accueil.
Etienne Jubault & Irénée Benoit.