Master 2 Économie de la Culture et Numérique : Inscriptions 2021
by EMNS

Les Matinales 2020 avec Philippe Coen & Jérôme le Grand, Disney

Rencontre avec :

Philippe Coen & Jérôme le Grand

Vice-Président Directeur Juridique &  General Manager

The Walt Disney Company

 

Major historique de la production audiovisuelle internationale, Disney représente la modernité et l’avant-gardisme tout au long de son développement. De ce fait, l’histoire du groupe et son essor est cohérent avec les grandes sorties de Disney. Le groupe a fait en sorte d’investir sur la qualité pour le long métrage afin de faire de l’animé, un programme long. Le premier film animé colorisé est un Disney, il s’agit de Blanche-Neige sorti en 1937. En 2003, Disney répète son pari technologique avec la sortie du premier film en 3D, Chicken Little.

The Walt Disney Company, c’est également un grand groupe qui a investi différentes branches de l’audiovisuel, avec par exemple l’achat de la chaîne sportive américaine ESPN en 1996 ainsi que de la chaîne ABC. Au fil des années, Disney a marqué le secteur en rachetant des grandes maisons de la production audiovisuelle. Pixar a été rattaché au groupe en 2005, suivi par Marvel en 2009, ou encore Lucas Film en 2012 (comprenant les franchises Star Wars et Indiana Jones). Une des dernières acquisitions marquantes de Disney a été la Fox en 2018 pour la somme impressionnante de 73 millions de dollars.

Disney n’est donc pas seulement cantonné à l’animation, puisque le groupe détient par exemple des droits sportifs gérés au niveau international. De plus, Disney élargit ses activités en investissant dans des programmes destinés à des publics plus âgés. En 2021 est annoncée la sortie de la plateforme Star en France, avec des films tels qu’Alien, Predator ou encore Titanic disponibles pour les abonnés.

 

Disney +

Au centre des échanges durant cette matinale : la sortie en 2020 de la plateforme Disney +. Philippe Coen considère cette sortie comme une réelle aubaine pour cette année où la pandémie a freiné les activités de Disney, avec notamment la fermeture du Parc Disneyland Paris. De la même façon, la sortie du film Mulan initialement prévue en salle, fait grand bruit lorsque celui-ci est finalement sorti en ligne. Pourtant étant donné l’argent investi et la crise sanitaire, Disney n’avait d’autre choix.  La sortie de Disney + en France a été retardée de 15 jours à la demande du gouvernement français en raison de la situation brutale du confinement.

Disney +  est une réponse à une évolution du marché de l’audiovisuel, qui a vu arriver ces dernières années un panel de plateformes de SVOD. Disney souhaitait recréer un lien direct avec le consommateur avec l’accès aux contenus du groupe par voie numérique.

La sortie de la plateforme Disney + était assez tardive par rapport à ses concurrents. Ce décalage est expliqué par la taille de Disney. En effet, il s’agit d’une méga structure qui implique des process longs. De plus, une plateforme ne pouvait sortir sans compromettre des contrats en cours. Enfin, Disney avait la volonté de proposer directement au consommateur une plateforme technique fonctionnelle et globale. Pour ce faire, Disney a fait appel à BAMtech, filiale du groupe depuis 2016, pour mettre au point la plateforme. Résultat : c’est un succès auprès du public, qui a désormais accès aux longs-métrages Disney mais également à des contenus plus complexes sous forme de séries.

 

Directive SMA

Disney est aujourd’hui directement concerné par la directive SMA compte tenu de la sortie de sa plateforme Disney +. Philippe Coen nous a fait part du point de vue de Disney face à la directive. Pour Disney, cette directive fait porter la charge de la création française et européenne sur 3 grandes plateformes internationales, ce qui contribue à réduire l’équité entre les acteurs du secteur, alors même que d’autres pays n’ont pas choisi ce type de règlementation. Cette initiative européenne semble injuste pour un acteur tel que Disney qui a d’une part souffert tout autant que les autres de la pandémie et d’autre part contribue à la production locale depuis 1997. Enfin Disney regrette cette directive qui fixe des régulations contraignantes pour les nouveaux entrants, ce qui ne peut que contribuer à créer des monopoles pour les acteurs déjà présents.

 

Retail

Grâce à l’intervention de Jérôme Le Grand, nous avons échangé par la suite sur le retail de Disney. Disney a depuis longtemps mis en place des partenariats avec des marques. Par cette démarche Disney recherche une certaine hybridation et une combinaison d’ADN en réinventant la propriété intellectuelle de Disney. Les marques avec lesquelles Disney collabore sont des marques populaires. L’idée est de mettre les produits Disney à la portée de tous, en passant par des partenariats avec des marques luxueuse mais aussi abordables. Une des collaborations marquantes en France, est celle menée avec Kiabi en 2014. Le résultat de cette collaboration : le Pyjebook, croisement entre un produit Disney livre et textile, alliant digital et produit physique. Plus récemment, on note la collaboration entre Lacoste et National Geographic.

A l’heure où tout est incertain, Disney se doit de se fixer des grands défis. L’un des premiers défis sera d’être assez agile pour réagir face aux évènements qui ont frappé le monde de la production cinématographique. Second engagement du groupe, développer la portée internationale, notamment en développement des studios en Asie. Ce défi s’accompagne de la volonté de Disney d’être encore plus à l’écoute des goûts des consommateurs et d’enrichir leur catalogue avec des contenus toujours plus localisés.

 

Compte-rendu réalisé par Lise Emery (Master 2 ECN Promo 2020-2021)