by Marie Auburtin

Les recommandations des D2A

Les étudiants dénichent pour vous des programmes internationaux (séries, courts, TV réalité…)

AFRIQUE

The Samaritans (Kenya)

Conseillé par Victoria Gilles

The Samaritans ou « Les bons samaritains » en français (Kenya) est une série kenyane de 2014, produite et réalisée par Hussein KURJI et sa société de production locale : Xeinium Production.

Il n’existe actuellement que deux épisodes de 30 minutes chacun, ayant été financés grâce à une campagne de crowdfunding sur Kickstarter. Ces mêmes épisodes sont disponibles sur un site dédié à la série : aidforaid.org, via lequel il est possible de les visionner en streaming. C’est l’accueil du public et le montant des fonds récoltés par la suite, qui détermineront l’avenir de la série et permettront de trouver des financements afin de réaliser l’intégralité d’une première saison qui devrait comporter à titre indicatif, 10 ou 11 épisodes.

The Samaritans relate la vie d’une ONG appelée AID FOR AID à Nairobi, dont le principe est qu’elle ne sert strictement à rien et n’aide personne. Scott est âgé de 28 ans, vient des USA, et son unique expérience est d’avoir travaillé pour l’ONG de sa mère. Il n’a donc aucune compétence, si ce n’est de donner l’impression de l’employé de bureau parfait : bien coiffé, bien habillé. Accompagné de personnages tous plus décalés les uns que les autres, il se lance donc dans une nouvelle aventure : faire vivre et prospérer cette structure.

Souvent définie comme le premier « mockumentary » au Kenya, c’est-à-dire un documentaire parodique dont le but est d’analyser ou commenter l’actualité par le prisme de la fiction, The Samaritans m’a semblé être un programme très intéressant et surtout prometteur pour diverses raisons.

Utiliser l’humour et le cynisme dans la fiction afin de dénoncer une forme d’inertie chez certaines ONG au Kenya, est un très bon moyen pour faire passer un message en douceur, et de façon accessible à des personnes qui ne connaîtraient pas forcément ce milieu et ses enjeux. Il s’agissait en fait de briser un tabou sur une question très répandue au Kenya. Souvent associée à la série « The Office » par son humour décalé, les admirateurs de cette dernière trouveront donc sans problème leur bonheur en visionnant The Samaritans.

Cette série courte, percutante et novatrice dans le thème abordé, est ainsi susceptible de plaire à une pluralité de personnes. Abordant en effet les thématiques du travail et le démarrage dans la vie active, tout en faisant découvrir un pays peu connu du grand public en termes de programmes audiovisuels, elle est donc apte à susciter la curiosité de tous.

La critique journalistique a d’ailleurs déjà fait part de son engouement dans divers pays, lors de la sortie des deux premiers épisodes : Courrier International, la BBC, Vice ou El Pais en avaient par exemple fait l’éloge. La série avait également été pitchée lors d’un concours d’exposants TV en Afrique du Sud appelé DISCOP, et avait gagné.

Espérons donc maintenant que la production saura réunir les fonds suffisants pour continuer : elle est actuellement en discussion avec des plateformes VOD afin de réaliser la suite, ce qui semble encourageant étant donné son potentiel.

Uthando nes'thembu (Afrique du Sud)

Conseillé par Victor Grasso (D2A promo 2018-2019)

Uthando nes’thembu ou Love & Polygamy en anglais, est une téléréalité sud-africaine décrivant le quotidien d’une famille polygame, composée de Musa, ses quatre épouses et ses quinze enfants, évoluant dans un pays tiraillé entre ses traditions culturelles et son désir d’évoluer.

Parfois drôle, parfois touchant, une chose est certaine, Uthando nes’thembu est une émission qui n’a pas cessé de faire parler d’elle. Les sujets abordés (polygamie, gestation pour autrui, filiation …) ont fait naitre un véritable débat au sein du pays et ont poussé les nombreux spectateurs à s’interroger sur leur rapport avec les traditions sud-africaines.

Jamais voyeuriste, l’émission prend le contre-pied des appréhensions des téléspectateurs en se montrant constamment bienveillante, et dispose d’une réalisation soignée.

AMÉRIQUE DU NORD

Fugueuse (Canada)

Conseillé par Tess Passereau (D2A promo 2018-2019)

Série québécoise diffusée en janvier 2018 sur TVA, chaine la plus « écoutée » de Québec. Elle comporte 1 saison de 10 épisodes de 46 minutes. La saison 2 est actuellement en tournage. Il s’agit d’une série dramatique, assez « lente » mais très intense.

Il s’agit des aventures de Fanny Couture, jeune montréalaise de 16 ans ayant soif d’aventure et d’indépendance. Elle rencontre Natacha et se lie d’amitié avec cette dernière. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que Natacha est en réalité une recruteuse de jeunes filles pour un réseau de proxénètes. Cette dernière lui propose une fête dans le centre ville de Montréal. Fanny entame alors une fugue elle rencontre Damien Stone, jeune musicien. Fanny se retrouve manipulée par Damien qui devient son proxénète. Cette dernière se voit bercer d’illusions et lui reste fidèle malgré les maltraitantes sexuelles qu’il lui fait subir. Sous couvert d’un projet de vidéo clip à Miami, Fanny va s’enfoncer à ses dépends dans l’univers sombre de la drogue, du trafic d’humains et de la prostitution.

La série était diffusée en 2ème partie de soirée au Canada (soit de 21h à 22h). Elle enregistre d’excellents scores lors de ses diffusions : souvent dans le top 3 des meilleures audiences de la semaine, et première sur la tranche de 2ème partie de soirée.

Fugueuse a eu 12 nominations au Prix Gémeaux, récompenses décernées par l’Académie Canadienne du cinéma et de la télévision. La jeune actrice Ludivine Reding a aussi obtenu le Prix Artis pour son interprétation (il s’agit d’un Prix québequois). La série fut cette année diffusée pour le MIPTV et a reçu d’excellentes critiques. Elle participa aussi au Festival Série Mania de Lille.

L'Arène (Canada)

Conseillé par Paul Laurent (promo D2A 2018 – 2019)

Web-Série Québécoise de 10 x 6′

L’Arène c’est une nomination à Cannes Séries et un prix à La Rochelle pour la meilleure web-série. L’Arène c’est le « 8 Miles » des web-séries : où une jeunes mère vient tenir tête à son ex lors d’une battle de rap !

On y suit le parcours de Frédérique qui a fraichement rompu avec Arnaud, rappeur en plein ascension. À la suite d’une vidéo embarrassante publiée sur les réseaux sociaux où Arnaud, saoul, se moque d’elle, Frédérique décide de lui rendre visite sur son terrain de jeu en le défiant à un battle de rap. Elle s’y préparera avec Jay, un ami commun du couple lui aussi rappeur.

C’est bien écrit, superbement interprété la jeune et prometteuse Marjorie Armstrong. Le programme s’adresse au 18-35 ans et aborde les thématiques suivantes :

– Les discriminations homme femme

– Les trajectoires professionnelles

– La rupture

– L’amitié…

Cette web-série propose une histoire touchante sur fond d’empowerment féminin dans l’univers du Hip Hop.

Free Solo (États-Unis)

Conseillé par Alice Dagnan (D2A promo 2018-2019)

Free Solo est un documentaire américain réalisé par Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin, produit par National Geographic. Il est sorti pour la première fois en salles aux Etats-Unis en septembre 2018. Le documentaire suit la première ascension de la paroi « El Capitan » en solo intégral par le grimpeur Alex Honnold. Cette ascension est à ce jour considérée comme le plus grand exploit dans l’histoire de l’escalade libre.

Le « free solo », en français solo intégral, est une technique d’escalade qui consiste à aborder une voie sans aucune protection : en solitaire et sans aucun équipement de sécurité. La technique a une résonance très forte dans l’imaginaire de l’escalade, car il s’agit à la fois de la façon la plus noble d’appréhender une paroi mais aussi la plus dangereuse, effrayant les grimpeurs même les plus expérimentés.

Alex Honnold, grimpeur spécialisé dans le solo intégral, a donc décidé de s’attaquer à une paroi mythique : « El Capitan ». Située aux Etats-Unis au sein du Yosemite Park, cette formation rocheuse de 900 mètres est considérée comme une des parois les plus difficiles au monde. Il annonce en 2015 vouloir se lancer dans la préparation de cette ascension en solo intégral, créant une véritable onde de choc au sein de la communauté américaine d’alpinistes. Jimmy Chin et sa femme Elizabeth Chai Vasarhelyi, tous deux grimpeurs et réalisateurs, ont décidé de s’emparer du sujet et suivre ainsi Alex Honnold dans sa préparation jusqu’à l’ascension finale.

Très bien accueilli au sein de différents festivals américains, le documentaire a notamment reçu le prix du public au Festival International du Film de Toronto. Sorti en septembre 2018 aux Etats-Unis, il a réuni un nombre inédit de spectateurs pour un documentaire, dépassant durant ses premières semaines d’exploitation le record détenu par le documentaire « An Unconvenient Truth » d’Al Gore. Au total, Free Solo a pu récolter 10,1 M$ au box office américain, un succès totalement inattendu pour un contenu de ce type.

Cet enthousiasme en salles s’est retrouvé auprès des internautes et de la presse. Tous soulignent la qualité esthétique du documentaire et sa narration captivante, se rapprochant du niveau de tension d’un véritable « thriller ». On suit une personne hors norme et attachante, dont on cherche à comprendre le mode de vie et la psychologie.

Il s’agit en somme d’un documentaire unique dans son genre, témoignage inédit d’un exploit historique pour l’escalade.

Shine On with Reese (États-Unis)

Conseillé par Marjorie Melenec (D2A Formation initiale 2018-2019)

Talk Show américain animé par l’actrice Reese Witherspoon. 

Shine On with Reese est la première série de la chaîne Hello Sunshine sur DIRECTV et DIRECTV NOW aux Etats-Unis. Toute première émission télévisée non scénarisée de Reese, cette série originale a pour mission de mettre la femme en avant.

L’émission consiste en une interview individuelle entre l’actrice et une invitée, une femme célèbre ou pionnière dans un domaine. Chaque épisode met en valeur leur talent. L’actrice se rend à chaque fois sur leur lieu de vie ou de travail, nous invitant dans leur intimité.

La saison 1 comprend 9 épisodes d’une vingtaine de minutes. L’actrice reçoit la célèbre chanteuse Dolly Parton mais aussi Ava DuVernay, P!nk, America Ferrera et bien d’autres extraordinaires personnalités féminines.

Cet enthousiasme en salles s’est retrouvé auprès des internautes et de la presse. Tous soulignent la qualité esthétique du documentaire et sa narration captivante, se rapprochant du niveau de tension d’un véritable « thriller ». On suit une personne hors norme et attachante, dont on cherche à comprendre le mode de vie et la psychologie.

Il s’agit en somme d’un documentaire unique dans son genre, témoignage inédit d’un exploit historique pour l’escalade.

AUSTRALIE

Romper Stomper (Australie)

Conseillé par Matthieu Almeras (D2A promo 2018-2019)

Séquelle indépendant du film australien éponyme de 1992 avec R. Crowe, Romper Stomper (2018) est une série originale australienne découpée en six épisodes d’une heure.

Se déroulant à Melbourne, elle met en scène l’opposition entre un groupe d’extrême gauche et un groupe nationaliste d’extrême droite. Leurs tensions se cristallisent autour du vote d’une loi sur l’immigration qui divise plus généralement l’opinion publique du pays.

La série alterne entre des séquences très politiques et idéologiques, parfois violentes et d’autre beaucoup plus humaines et intimistes puisque l’on suit la vie des membres de chaque groupe. C’est alors l’occasion de se rendre compte que, derrière leurs combats idéologiques respectifs, se trouvent avant tout des hommes et des femmes ayant des parcours de vie chaotiques.

Who’s been sleeping in my house (Australie)

Conseillé par Juliette Buchsbaum (D2A promo 2018-2019)

Who’s been sleeping in my house (Qui a dormi dans ma maison ?) est un programme australien diffusé sur ABC1 de 2011 à 2013 sous le format 6X27minutes.

Au cours de chaque saison, un archéologue du nom d’Adam Ford parcourt l’Australie afin de percer les mystères de différentes maisons. Il va réussir à découvrir ce qui se trame derrière chaque rumeur mais aussi trouver quels secrets cachent les anciens habitants.

Du fait de ses connaissances en archéologie et de son sens de la débrouillardise, Adam Ford va réussir à dévoiler les mystères de différentes maisons qui cachent des secrets d’histoire mais aussi d’Histoire avec un grand H !

Entourés d’experts, il va pouvoir raconter aux spectateurs ce que peuvent renfermer les maisons qui au demeurant semblent tout à fait banales…

Programme exporté en Angleterre, il permet d’en apprendre plus sur l’Australie avec des images d’archives tout en gardant l’aspect mystérieux qui ravira les plus jeunes comme les grands !

ASIE

The Truth Beneath (Corée du Sud)

Conseillé par Vincent Clavel (D2A promo 2018-2019)

FAMILLE – DISPARITION – VERITE

The Truth Beneath (VO : Bimireun Eopsda), sorti en 2016, est le deuxième long-métrage de la réalisatrice Lee Kyoung-Mi, jeune espoir du cinéma coréen, en partie formée par le grand Park Chan-Wook qui est également co-scénariste du film.

Sur fond d’élections nationales en Corée du Sud, Jong-Chan, candidat, et sa femme Yeon-Hong, se consacrent pleinement à la campagne électorale. Jong-Chan est en bonne place dans les sondages mais reste aux coudes à coudes avec son rival. La campagne suit son cours jusqu’à la disparition brutale de la fille du couple. Le lien avec la campagne électorale semble évident, mais l’est-il vraiment ? Yeon-Hong se lance à la recherche effrénée de sa fille, sans relâche et avec toujours plus de détermination à mesure qu’elle découvre une vérité bien plus sombre que ce qu’elle n’aurait jamais pu imaginer.

Avec ce film, Lee Kyoung-Mi allie magnificence esthétique, prouesses techniques, et profondeur narrative pour nous livrer un thriller noir digne des plus grands. La réalisatrice reprend les codes de ce genre phare du cinéma coréen et les revisite à sa manière pour en faire un objet unique.

Un film indispensable pour tout amoureux de thrillers.

Secret Sunshine (Corée du Sud)

Conseillé par Olga Guinut (D2A promo 2018-2019)

Moderne – Mélodrame – Sociétal

Ce long-métrage du réalisateur (Lee Chang Dong) de Burning est sorti au cinéma en 2007.

Il nous emmène dans la vie d’une femme coréenne qui vient de perdre son mari. Après son décès, elle décide de s’installer dans la province coréenne avec son jeune fils. L’actrice, Jeon Do-Yeon, qui a reçu le prix d’interprétation à Cannes campe un personnage fort, féministe et progressiste. Le film donne une vision incisive de la société coréenne. Chaque épreuve traversée par le personnage principal nous permet de mieux comprendre le fonctionnement de la société coréenne et son rapport à la religion et la foi. On accroche à ce récit d’héroïne des temps modernes.

EUROPE

Déjà Vu (Roumanie)

Conseillé par Louis Megard (D2A promotion 2018-2019)

Long métrage roumain de 1h12′ de Dan Chisu (2013)

Déjà Vu est le septième film de Dan Chisu, réalisateur roumain ayant commencé sa carrière en 1995. Le personnage principal, Mihai, séparé de sa femme depuis six mois, décide finalement de rompre officiellement et de lui présenter sa nouvelle compagne, Tanya. Le film raconte cette journée émotionnellement lourde, les hésitations et les doutes de Mihai sur le trajet, retranscrits via ses discussions avec Tanya.

Cette œuvre s’inscrit pleinement dans le réalisme roumain, défini par le Monde (à propos d’Aurora de Cristi Puiu, dans un article paru le 15 mai 2010) comme : « […] Une caméra rivée au personnage, une approche strictement comportementaliste, une lente immersion dans le cerveau d[‘un] individu anodin que rien ne permet a priori de distinguer du spectateur qui le regarde ».  En effet, le film, respectant à peu de chose près la triple unité du théâtre classique, se concentre exclusivement sur la psychologie du personnage principal.

Il convient ici de préciser que ce long métrage est intégralement tourné en vue subjective, d’où mon choix de le présenter. La vue à la première personne est particulièrement adaptée au réalisme roumain, alliant à l’immersion psychologique propre au genre une immersion visuelle efficace. Ainsi, cette approche semble pouvoir démocratiser un cinéma difficile d’accès mais n’en recelant pas moins de nombreuses qualités.

De perfekte piger ou « Les filles parfaites » (Danemark)

 Conseillé par Margot Hamon (D2A promo 2018-2019)

« De perfekte piger » (« Les filles parfaites »), est une série documentaire danoise, format 6 x 28 minutes, diffusée pour la première fois au cours de l’été 2018 sur la chaîne DR3 (chaîne du service public danois ayant pour cible les jeunes adultes). Filmée à la manière d’un vlog, la série suit quatre jeunes filles dans leur vie quotidienne.

Anna (18 ans), Amalie (21 ans), Julie (21 ans) et Fie (22 ans) ne se connaissent pas mais ont pour point commun de rechercher la perfection dans tous les domaines (études, apparence corporelle, vie sociale…).

Ce sont des jeunes filles très dépendantes des réseaux sociaux et qui derrière l’image parfaite qu’elles renvoient dans leurs stories Instagram et Snapchat, ressentent un véritable mal-être. La série met ainsi l’accent sur l’impact négatif des réseaux sociaux sur les jeunes adultes. Elle montre comment ils nous poussent à nous comparer en permanence et à nourrir une perpétuelle insatisfaction vis-à-vis de nos propres vies.

Anna, Amalie, Julie et Fie vont ainsi tenter de rompre avec leur quête de la perfection. Pendant six semaines, elles vont se rencontrer de manière hebdomadaire pour discuter et mettre en place un objectif à atteindre pour la semaine suivante comme accepter son corps, lâcher prise ou sortir de sa  zone de confort.

Pour atteindre cet objectif, elles vont se lancer des défis relativement simples mais accessibles (porter un jean et des tee-shirts blancs pendant une semaine, établir une liste de ses propres qualités, partir en voyage seul, danser ou réciter un poème devant un public…). La semaine suivante, elles se réunissent pour discuter de leur succès et partager leurs ressentis dans un esprit bienveillant.

En somme, un programme important et nécessaire aujourd’hui à la télévision.

Fi (Turquie)

Conseillé par Margaux Jaillais (D2A promo 2018-2019)

Fi est une série turque composée de deux saisons, diffusée sur la plateforme de vidéos à la demande turque PUHUTV. La série a été réalisée par Mert Baykal et produite par la société de production Ay Yapim.

Fi est l’histoire de Can Manay, un psychologue très connu et renommé en Turquie, qui en dehors de ses consultations, donne des cours dans une université stambouliote et anime un talk-show télévisé très apprécié et populaire. Can est un homme puissant et très riche, qui est obsédé par le contrôle sur le plan personnel et professionnel.

La vie du psychologue bascule le jour où il décide d’aménager en périphérie d’Istanbul. Lors de la visite de la maison il aperçoit sa voisine en train de danser avec grâce. Can est subjugué par sa beauté. La danseuse s’appelle Duru et est étudiante dans une école de danse stambouliote, elle vit dans sa maison avec son petit ami Deniz. Can emménage dans la maison voisine et développe dès lors une véritable obsession pour Duru, qui va s’accentuer le jour où le psychologue va faire installer une série de caméras dans leur jardin afin de les observer secrètement, et contrôler leurs faits et gestes. Can se montre très bienveillant envers le couple, et les aide dans la réalisation de leurs différents projets professionnels.

En parallèle de cette histoire principale, une histoire secondaire concerne Can : celle d’une journaliste prénomée Ozge, qui a perdu son emploi à la demande de Can suite à une interview durant laquelle elle lui a révélé savoir pourquoi il avait passé trois ans en hôpital psychiatrique, zone d’ombre que le psychologue tente de dissimuler. Cette journaliste va donc tout faire pour se venger de Can en essayant de dévoiler son passé et des affaires troubles le concernant, cela avec l’aide de Sadik Murat, un homme d’affaire et producteur de l’émission de talk show de Can. Ce dernier déteste le psychologue et ferait tout pour le faire tomber.

Get The F**** Out Of My House (Pays-Bas)

Conseillé par Inès Villetelle (D2A Formation initiale 2018-2019)

Ce programme de téléréalité néerlandais, diffusé pour la première fois en 2016 et produit par Blue Circle, est un dérivé, quelque peu extrême, de Big Brother émission dont le succès n’a jamais été démenti.

Get the f*** out of my house est un jeu durant lequel 100 candidats doivent vivre dans une maison pavillonnaire initialement prévue pour 4 personnes. Les candidats sont évidemment libres de quitter la maison à tout moment, et le dernier habitant de la maison pourra remporter jusqu’à 100 000 euros. Cette cagnotte pourra être utilisée durant l’aventure afin d’acheter des denrées de la vie quotidienne manquants aux candidats à des prix prohibitifs. Très classiquement, des jeux et défis sont mis en place pour mettre en concurrence les participants, et accélérer la sortie de certains candidats.

Ce programme, une véritable expérience sociologique filmée, permet de retourner à l’essence même de la téléréalité, sans scenari intempestifs. Le naturalisme est ici à son paroxysme, et il suscitera nécessairement la curiosité du public, en plus de la reconnaissance des professionnels puisqu’il a gagné le trophée du « Best Compétition reality Format » en 2017 à « L’International Format Award Cannes ».

Huippujengi "the ultimate expedition" (Finlande)

Conseillé par Tiphaine Champetier (D2A promo 2018-2019)

Programme de divertissement en haute montagne (8 x 60 min)

Ce programme de divertissement produit par Rabbit Films et présenté par Jukka Hilden a été diffusé pour la 1ère fois en mars 2016 sur la chaine MTV3.

C’est une compétition entre 8 célébrités qui doivent faire l’ascension du Mont Tocllaraju situé dans la Cordillère des Andes et qui culmine à 6 000m d’altitude.

Accompagnés d’une équipe de spécialistes de l’alpinisme en haute en montagne et de l’animateur, les candidats sont entrainés avant de procéder à l’ascension du Mont afin qu’ils s’acclimatent à l’altitude et pour qu’ils développent leurs compétences physiques.

Le principe de la compétition repose sur l’élimination des candidats. Après chaque étape de l’ascension qui structure les épisodes, le chef de l’expédition examine l’état de santé des candidats et élimine le candidat qu’il considère le plus faible, c’est-à-dire qui n’a plus les conditions physiques pour continuer ou bien qui mettrait son état de santé en danger.

Un candidat est éliminé à la fin de chaque épisode jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un pour atteindre le sommet.

Old People’s Home for 4-year Olds (Royaume-Uni)

Conseillé par Marie Hoden (D2A promo 2018-2018)

Ce programme est une série documentaire anglaise produite par CPL Productions pour la chaîne Channel 4. C’est avant tout une expérience sociale qui répond à la question suivante : que se passe – t – il lorsque des enfants de 4 ans sont intégrés dans une maison de retraite ? L’idée du programme est de promouvoir les bénéfices qui peuvent naitre du mélange entre deux générations : l’une au tout début de sa vie, et l’autre à la fin.

Pour cela, les enfants et les pensionnaires partageront leur emploi du temps pendant une durée de 3 mois au cours desquels ils vont former des liens forts et évoluer ensemble.

Au début du programme, les personnes âgées (volontaires) passent quelques tests afin d’évaluer l’état de leurs facultés mentales et physiques. Les mêmes tests sont effectués à la fin de la période et les résultats sont remarquables.

Ce programme a rencontré un franc succès en Angleterre et le format a été exporté à l’international et vendu en Espagne, en Allemagne, en Suède, au Pays-Bas et en Australie. Il a aussi gagné de nombreux prix et a notamment été nominé aux British Academy of Films and Television Arts.

Sa diffusion en Espagne a motivé la Fondation Amancio Ortega à investir 10 millions d’euros dans un centre intergénérationnel.

À l’heure où la France connaît une hausse significative de sa moyenne d’âge, 300 000 de ses personnes âgées se disent en situation d’isolement (selon la caisse des dépôts des territoires). À la vue de ce chiffre alarmant, un programme tel que Old People’s Home for 4-year olds s’inscrit comme encourageant et positif, apportant peut-être une partie de solution à un problème présent en France et en Europe. De plus, loin d’être trop sentimental ou ringard, la série offre une parfaite combinaison entre humour et sensibilité, en exposant de manière réaliste l’évolution des relations entre les personnes âgées et les jeunes enfants.

Tangerudbakken Borttslag (Norvège)

Conseillé par Clément Dubois (D2A promo 2018-2019)

Tangerudbakken Borttslag est une émission de téléréalité norvégienne mettant en scène des personnes handicapées mentales depuis 2010.

De nombreuses productions audiovisuelles à succès ont mis en avant le handicap ces dernières années, Intouchable naturellement mais aussi Tout le monde debout ou le programme court Vestiaires. Parmi tous ces succès aucun n’aborde le handicap mental, pourtant il y a un vrai besoin d’insertion pour ces personnes qui connaissent des difficultés d’apprentissage, de langage ou de retards mentaux.

C’est ce qu’a souhaité faire le programme de téléréalité norvégienne Tangerudbakken Borettslag diffusé en prime time sur la chaine privée TV Norge depuis 2010, qui met en scène 6 handicapés mentaux (trisomiques) : 3 hommes, 3 femmes, dans leur vie quotidienne.

À l’approche des fêtes de fin d’année, la production a par exemple organisé des déclinaisons thématiques en lien avec Noel : décoration du quartier, préparation de pâtisseries ensuite revendues dans la rue, aide aux personnes dans le besoin en cette période de grand froid. Le fil rouge étant l’organisation d’un concert qui mêle prestations d’artistes norvégiens, interventions des protagonistes du programme, en présence de leurs familles et de nombreux spectateurs.

L’idée est de changer de perception, faire évoluer les mentalités autour de ces personnes handicapées dans la mesure où on va s’immiscer dans leur quotidien, se rendre compte de leurs difficultés sans jamais susciter un sentiment de gêne pour le téléspectateur.

Une éventuelle réticence pourrait survenir à l’idée d’associer téléréalité et handicap, a fortiori sur le service public. Néanmoins rappelons que la téléréalité avait initialement pour but de faire vivre à des personnes ordinaires, des choses extraordinaires, or ici nous sommes plutôt à l’inverse. Je pense que c’est dans ce sens que ce programme aura sa place sur le service public puisque ce renversement amène nécessairement une curiosité eu égard au format.

Whose Line Is It Anyway ? (Royaume-Uni / USA)

Conseillé par Célia Rohart (D2A promo 2018-2019)

Whose Line Is It Anyway ? est une émission télévisuelle d’origine anglo-américaine qui fête ses trente ans cette année. À l’origine, il s’agissait d’une émission d’improvisation radiophonique créée sur BBC Radio 4 par Dan Patterson et Mark Leveson en 1988. La même année, Channel 4 décide d’adapter le programme pour la télévision et le diffuse pendant dix ans.

Dès sa création, ce programme anglais noue une relation particulière avec les États-Unis : l’ensemble des épisodes sont diffusés tels quels sur la chaîne américaine câblée Comedy Central, certains invités de l’émission sont américains et il est fréquent que des épisodes de l’émission soient tournés dans des studios américains. Ainsi, face au succès du programme aux États-Unis, en 1998, ABC adapte le format pour une audience américaine et le diffuse jusqu’en 2007.

Pour finir, en 2013 The CW décide de reprogrammer l’émission. Le succès est à son rendez-vous et plusieurs saisons sont tournées. Le tournage de la 15ème saison américaine est prévue en 2019.

Whose Line Is It Anyway ? S’impose comme une émission de 25 minutes pendant laquelle quatre comédiens se livrent ensemble, ou à tour de rôle, à des jeux d’improvisation proposés par un animateur qui peut s’il le souhaite prendre des suggestions données par le public. Les jeux varient d’épisode en épisode mais, tous ont pour but la création de personnages, de scénarios, de chansons au sein de courtes improvisations.

Lors de chaque émission sont présents : un public, un animateur, quatre comédiens et un musicien qui crée les sons et les bruitages censés accompagner les prestations des comédiens. Le programme prévoit aussi qu’un invité spécial – une célébrité – puisse être reçu de temps en temps pour tester sa pratique de l’improvisation. Par exemple la version de 1998 avait eu le plaisir de recevoir Robbin Williams dans sa saison 3.

Le concept même du programme lui assure une part d’originalité. En effet, fondé sur de l’improvisation, chaque épisode de l’émission est susceptible de surprendre les téléspectateurs.

Aussi, le programme est vecteur de valeurs fortes. La devise du format est la suivante : « everything is made up, and the points don’t matter ». Donc Whose Line Is It Anyway ? est un faux jeu où tout est inventé et où les points ne comptent pas. Il n’y a ni gagnant, ni compétition. L’émission est basée sur le partage, l’esprit d’équipe, l’écoute et la spontanéité. Par ailleurs, la dizaine d’exportations du format semble prouver l’engouement qu’il peut créer auprès des téléspectateurs. Pour finir, ce concept est simple et à moindre coût.

Tellus (Finlande)

Conseillé par Ophélie Bocca (D2A promo 2018-2019)

Tellus est une série de fiction finlandaise diffusée sur la chaîne publique YLE qui aborde le thème de l’environnement à travers un angle original : l’eco-terrorisme.

Tellus signifie « Terre mère » en latin mais c’est aussi, dans le cadre de la série, le nom d’un groupe de jeunes éco-terroristes dont on suit les actions. Ce groupe de jeunes frappe depuis plusieurs années des installations non respectueuses de l’environnement avec des actions chocs mais en faisant tout pour éviter les victimes, jusqu’au jour où l’une de leurs interventions fait un mort. Cet événement va pousser les personnages à faire des choix importants : doivent-il continuer à frapper plus fort pour avoir plus d’impact ou arrêter ces actions qui pèsent trop sur leurs vies personnelles ?

En parrallèle, un enquêteur va commencer à s’intéresser à leur groupe et les suivre de près, ce qui pourrait menacer la poursuite de leurs actions.

Le résultat est un mélange explosif entre thriller et drame qui aborde une question intéressante et encore peu traitée à la télévision : l’éco-terrorisme. En effet, cette série, d’un format de 6 x 50 minutes ouvre le débat sur plusieurs sujets : jusqu’où peut-on aller pour nos convictions ? Qu’est-ce que l’engagement ? Et dans un contexte de crise environnementale et politique, que penser de la désobeissance civile ?

Ces thèmes sont abordés à travers les yeux de trois personnages principaux. Eevi est une jeune étudiante en médecine membre de Tellus, qui se bat pour ses convictions mais aussi pour cacher son appartenance au groupe d’éco-terroristes. Alex est le président d’une association qui prône l’éco-responsabilisation avec des actions modérées et dont la vision de l’engagement s’oppose avec Tellus. Et enfin, Taneli, un enquêteur vieillissant et atypique qui est prêt à tout pour démasquer les membres de Tellus.

Cette série est unique parce qu’elle allie une ambiance de thriller avec une intrigue forte et un thème original. Le tout dans l’atmosphère Finlandaise encore peu vue à l’écran qui renouvelle le genre des séries nordiques.

MOYEN-ORIENT

When Heroes Fly (Israël)

Conseillé par François Bourdeau (D2A promo 2018-2019)

Auréolé du prix de la « Meilleur Série » au premier festival CanneSeries, When Heroes Fly est le dernier grand succès « made in Tel Aviv ». On y suit les retrouvailles de quatre amis vétérans de l’armée israélienne, dix ans après la traumatisante expérience de la guerre du Liban.

Alors que Benda est expatrié en Colombie, il découvre en une d’un magazine la photo de Yaeli, amie portée disparue depuis des années. Après avoir informé ses trois ex-frères d’arme et amis de sa surprenante découverte, tous décident de se retrouver à Bogota pour élucider le mystère de la soudaine réapparition de Yaeli. Un mystère qui se muera peu à peu en une ultime opération militaire en terrain hostile.

Sous ses airs de série d’action, When Heroes Fly est en réalité très subtile et regorge d’idées géniales de mise en scène, notamment lorsqu’elle traduit le traumatisme que ces ex-soldats trainent depuis la guerre du Liban. Suivre ce quatuor d’élite déterminé à sauver l’une des leurs garantit une expérience haletante, entre un présent au cœur de la jungle et des labyrinthiques villes colombiennes et flash-back traumatiques dans un Liban apocalyptique. En se positionnant dans le sillage de séries telles Hatufim (et de son remake américain Homeland) ou Hostage (précédente série de son créateur), Omri Givon prouve une nouvelle fois le savoir-faire israélien en matière d’efficacité narrative et d’écriture à suspens.

RUSSIE

Smeshariki. Dezha vyu (Russie)

Conseillé par Marie Hirtz (D2A promo 2018-2019)

« Smeshariki. Dezha vyu » (en Français : « Kikoriki : Déjà vu ») est un film d’animation russe réalisé par Denis Chernov et produit par Riki Group et Odin’s Eye Entertainment. Il est sorti pour la première fois en salle le 18 avril 2018 en Russie.

Dans ce troisième volet de la saga Kikoriki, Krash un des personnages du dessin animé décide de donner à son meilleur ami Barry une fête d’anniversaire inoubliable. Il contacte l’agence DejaVu, qui organise des aventures passionnantes dans le temps donc ils peuvent aller dans le passé, le futur peu importe ! Mais un accident cataclysmique survient après que l’équipage de Kikoriki n’ait pas suivi les règles et dispersé le groupe dans le temps. Krash, doit retrouver ses amis à travers le temps à l’aide de son « double » d’un autre temps et d’un autre lieu.

Les Kikoriki sont des personnages en forme de balles. Ces petites créatures évoluent dans un monde marqué par l’absence de personnages négatifs. Ce film fait partie des programmes dits « éducatifs » : Sans être moraliste, il surfe sur la vague des films d’animation où les valeurs telles que le respect, l’humour, l’entre-aide sont mis en avant.

Ce qui fait l’atout de ce programme, c’est qu’il existe déjà une série avec 6 saisons dont une 7ème en production et plus de 200 épisodes déjà produits et diffusés. Deux films sont déjà sortis en salle avant ce troisième volet : « Kikoriki : team invincible » (2011) et « Kikoriki : legend of the golden dragon » (2016). Egalement, il y a eu la mise en scène d’une pièce de théâtre et la commercialisation de nombreux produits dérivés.

On peut en conclure que cette aventure palpitante de voyages à travers les époques convient à tous les âges du monde !

КУХНЯ ou The Kitchen (Russie)

Conseillé par Victor Haond (D2A promo 2018-2018)

Sitcom : 20 x 25’

Max rêve de devenir un grand chef depuis tout petit. À la fin de ses études et de son service militaire il se rend à Moscou pour essayer de convaincre le chef du plus grand restaurant du pays, « Le Claude Monet », de l’intégrer dans sa brigade. Mais cela ne va être aussi simple que prévu et Max va se rendre compte que savoir cuisiner ne suffira pas pour intégrer l’équipe du restaurant.

Avec des situations et une mise en scène totalement décalée, cette série humoristique a fait les heures de gloire de la chaîne russe STS et a gagné de nombreux prix aux APKIT Awards.

Cette série permet de montrer la cuisine d’un restaurant gastronomique de l’intérieur de manière totalement inédite.