Master 2 Économie de la Culture et Numérique : Inscriptions 2021
by EMNS

Les recommandations des D2A

Les étudiants dénichent pour vous des programmes internationaux (séries, courts, TV réalité…)

AFRIQUE

Nouba, de Abdelhamid Bouchnak (Tunisie) 2019

Série qui se déroule dans la Tunisie des années 90’s. L’intrigue de la première saison tourne autour d’un jeune homme de la banlieue Tunisienne qui se retrouve en prison. Là bas il rencontre Sadok âgé de 60 ans, un des pionniers de l’empire d’El Mezoued (un instrument de musique populaire au Maghreb), qui lui fait découvrir tout cet univers. La saison 2 s’ouvre avec de nouveaux thèmes comme la guerre des territoires, les tensions politiques…

Le programme est un hommage à la période des années 90’s. C’est aussi une apologie de la musique populaire de la Tunisie et de tout le Maghreb. Avec une volonté d’instruire et de documenter sur la culture tunisienne et plus globalement maghrébine.

Un programme qui se base sur les tendances sociétales, dans lequel on retrouve les moeurs actuels histoire de familles, d’amour, de haine, tromperie, meurtre, délinquance etc avec une visée historique.

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Conseillé par Emma Aoun (Promotion D2A 2020-2021)

Vaya, de Akin Omotoso (Afrique du Sud) 2016

Vaya est un film sud-africain réalisé par Akin Omotoso en 2016, mettant en lumière la lutte pour la survie et la dignité à Johannesburg. Inspiré de faits réels, le film relate le destin de trois personnes quittant leur milieu rural afin d’accomplir une mission en ville. Sombre affaire de meurtre, double vie, recherche d’une mère : voilà les trois intrigues qui s’entrelacent dans un récit prenant, surprenant, et profondément émouvant.

Fort de son succès en Afrique, qui lui vaudront plusieurs récompenses dont l’African Movie Award du meilleur scénario, Vaya a également fait sa première mondiale au Festival International de Toronto en 2017, avant d’être projeté à la Berlinale et acheté par Netflix US. Le principal atout de ce film est sans aucun doute la volonté qu’a eu Akin Omotoso de l’empreindre d’une authenticité rare, avec la réalité sud-africaine pour toile de fond. Ainsi, en ces temps où les voyages sont proscrits et les échanges culturels limités, Vaya nous transporte à la découverte d’autres réalités.

Conseillé par Mathilde Huber (Promotion D2A 2020-2021)

AMÉRIQUE DU SUD

Chico Xavier de Daniel Filho (Brésil) 2010

Chico Xavier est un biopic réalisé par Daniel Filho sorti en 2010 au Brésil où il a réalisé plus de 3 millions d’entrées et reçu plusieurs prix. Le scénario écrit par Marcos Bernstein est basé sur le livre de Marcel Souto Maior revenant sur l’une des figures emblématiques du Brésil : Francisco Candido Xavier, un des plus célèbres médiums du XXème siècle.

Dès son plus jeune âge Chico Xavier développe une médiumnité hors normes. Cette faculté, notamment en psychographie, rythma son œuvre philanthropique et spirituelle – plus de 450 livres dont les droits d’auteur étaient intégralement reversés à des œuvres de charité – malgré les entraves et critiques qu’elle engendra autant dans sa vie personnelle que publique.

Par le récit de cette personnalité plus méconnue en Europe, cette œuvre invite à venir à la rencontre de la culture brésilienne par une voie à la fois intime et complexe : sa spiritualité. Porté par un sujet fort et une réalisation maîtrisée, le film souligne à travers cette figure incontournable du spiritisme – avec plus de 20 millions de sympathisants au Brésil, le spiritisme est la troisième religion du pays – les contradictions et ambiguïtés qu’entretien la société brésilienne moderne dans son rapport à la spiritualité et ses questions existentielles. Un miroir nous renvoyant à notre propre rapport à celles-ci.

Conseillé par Bryan Damien (Promotion D2A 2020-2021)

Marea alta (High tide) de Veronica Chen (Argentine) 2020

Marea alta est un long-métrage de Veronica Chen qui a fait sa première mondiale au festival Sundance cette année. A la fois thriller et critique de la hiérarchie sociale, ce drame a pour thèmes principaux le pouvoir, le sexisme et les privilèges de classes. Le film suit l’histoire de Laura, une femme mariée qui a une relation avec l’entrepreneur qui gère les travaux de sa maison au bord de l’océan. Elle se rend compte trop tard que la situation la dépasse et que son statut a changé aux yeux des ouvriers. L’entrepreneur ayant disparu sans donner de nouvelles, Laura perd toute autorité. Les ouvriers commencent alors à s’introduire dans son espace intime, tant physiquement que psychologiquement.
Alors que l’on s’identifie tout d’abord à cette femme isolée et menacée, on bascule progressivement dans un drame social où les rapports de force s’inversent, et où il devient difficile de distinguer l’oppresseur et l’oppressé.

Conseillé par Capucine Tincelin (Promotion D2A 2020-2021)

Snap, de Felipe Elgueta, Ananké Pereira (Chili) 2017

Pour réaliser ce documentaire, les réalisateurs ont enregistré le compte Snapchat de 48 chiliens de la communauté LGBTQ+ pendant 1 an. Ils ont choisi finalement de croiser le destin de 3 personnes pour parler d’internet, de sexualité et de violence pour cette communauté à Santiago : celui d’Axel qui met de l’argent de côté pour se faire opérer et devenir Alexa ; celui de Bastian qui vit avec son alter ego drag-queen, Anna Balmanica ; et celui d’Alfonso, étudiant issu d’un milieu défavorisé qui souhaite changer de rang social.

Ce documentaire au format original permet une livraison d’une sincérité sans égale des protagonistes, auxquels il est facile de s’identifier (aussi différents soient-ils). Cela permet aux jeunes adultes de questionner leur propre identité et sexualité, à travers de simples fragments de vie initialement destinés à disparaître 24h.

Programme disponible en langue originale sur la plateforme chilienne Ondamedia

Conseillé par Lucie Bannelier (Promotion D2A 2020-2021)

Sick Sick Sick de Alice Furtado (Brésil)

Premier film de la réalisatrice brésilienne Alice Furtado, présenté à la Quinzaine 2019, Sick Sick Sick narre l’histoire de Silvia, jeune fille sans histoire, et Artur, nouveau venu dans sa classe, qui tombent amoureux. Une idylle amoureuse qui sera aussi intense que brève puisqu’Artur, hémophile, ne survit pas à un banal accident de skateboard.

A la suite de ce décès, Silvia va elle-même devenir malade et se mettre à vomir du sang. Silva tente alors par tous les moyens de renouer contact avec son amour perdu. Sa quête vire à l’obsession et notamment quand elle découvre la pratique vaudoue. Pratique qui va la pousser à commettre des gestes lourds de conséquence.

Une musique planante, des images à l’esthétique surréaliste et un duo d’acteurs qui portent haut leur magnifique histoire d’amour. Silvia tombe trois fois malade, d’où le titre : d’abord d’amour, puis avec la somatisation de la perte de l’amour et enfin d’une véritable maladie mentale.

Conseillé par Constance Allain (D2A promo 2020-2021)

ASIE

Baseball Girl, de Choi Yoon Tae (Corée du Sud) 2020

Ju Su In est une jeune femme sud-coréenne passionnée de baseball et qui excelle dans son domaine. Mais lorsqu’elle tente de rejoindre une équipe professionnelle, elle se retrouve confrontée aux préjugés sexistes de la société qui l’entoure. Tous lui font subir une forme de pression sociale, y compris sa propre mère qui a intégré ces codes sociétaux et qui craint que sa fille évolue dans un milieu auquel elle n’était pas vouée.

Cette première réalisation par l’acteur et désormais réalisateur Choi Yoon Tae évoque avec subtilité la place de la femme dans la société sud-coréenne et en particulier dans le monde très fermé du sport de haut niveau. Cette Billie Jean King des temps modernes nous rappelle que le combat en faveur de l’égalité des sexes reste malheureusement un sujet d’actualité qui touche toutes les sociétés, y compris les pays dits “développés”.

Cette femme est racontée par la talentueuse LEE JU WEONG, récompensée du titre de “meilleure actrice” pour un précédent rôle et sacrée “étoile montante du cinéma” pour sa performance dans Baseball Girl.

Le film connaît également un début de reconnaissance à l’international grâce notamment à sa sélection au festival français du film Coréen de 2020, dans la section paysage.

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Conseillé par Eugénie Thou (D2A promo 2020-2021)

Colorful de Keiichi Hara (Japon) 2011

Adapté du roman éponyme d’Eto Mori, Colorful est un animé du réalisateur japonais Keiichi Hara, il a reçu le prix du public long-métrage au festival d’Annecy en 2011. Ce long-métrage raconte l’histoire de l’âme d’une personne décédée, se réincarnant dans le corps d’un adolescent japonais de 14 ans qui vient de mettre fin à ses jours. L’âme aura six mois pour découvrir quel était le plus grand pêché qu’elle ait commis dans sa vie antérieure ainsi que les circonstances qui ont poussées le jeune Makoto au suicide.

Nous plongeons en même temps que le personnage principal, dans le quotidien difficile d’un adolescent mal dans sa peau. Cet animé prend le parti d’aborder des sujets difficiles, parfois même tabous, mais nous rappelle l’importance de valeurs telles que l’amitié ou la famille et surtout, au combien la vie est précieuse.

Conseillé par Guillaume Gaspar (D2A promo 2020-2021)

Kaadhal, deBalaji Sakhtive (Inde) 2004

Kaadhal, c’est une histoire d’amour impossible entre deux jeunes gens issus de castes différentes. Ais, la jeune fille, se voit imposer un mariage avec un indien américain par sa riche famille. Pour y échapper, elle s’enfuit avec Murugan, l’être aimé, mécanicien. Ils souhaitent se marier au plus vite, mais la famille d’Ais se rend compte de sa fuite et les hommes partent à sa recherche.

Le film a la force de soulever d’importantes problématiques socio-politiques toujours d’actualité en Inde comme le mariage inter-castes, les inégalités, mais aussi la place des choix que peut faire une femme quant à ses relations amoureuses. B. Sakhtivel porte un regard brut sur une Inde sale, violente, et offre la possibilité au spectateur occidental de découvrir de façon accessible le cinéma Tamoul (aussi appelé Kollywood), ses codes (passages de chanté/dansé ; jeu particulier des acteurs/trices) et procédés narratifs.

Conseillé par Roxanne Tour (Promotion D2A 2020-2021)

Kyanq u kriv, de Mher Mkrchyan (Arménie) 2016

Drame historique du réalisateur arménien Mher Mkrchyan, Kyanq u kriv (en arménien Vie et combat) a pour thème principal la première guerre d’Artsakh, et met en scène la vie d’un groupe d’amis vivant dans l’Arménie soviétique. Sur ce fond historique, ce sont des histoires familiales, des histoires d’amour, d’amitié, des départs aux front et des vies ébranlées par la guerre que l’on suit tout au long du film. Succès retentissant en Arménie et au sein de la diaspora arménienne, c’est non seulement le long-métrage qui est récompensé à de nombreuses reprises, mais aussi la tête d’affiche, Samvel Tadevosyan, qui voit sa carrière d’acteur décoller suite à la sortie du film. Entre reconstitution historique de qualité et drame romantique, Kyanq u kriv rapporte avec sobriété un épisode sombre de l’histoire arménienne. Dans le contexte de la reprise de la guerre d’Artsakh en 2020, le film est un must-see qui permet de mieux comprendre un conflit toujours irrésolu.

Conseillé par Hulé Kechichian (Promotion D2A 2020-2021)

Les Enfants du Temps, de Makoto Shinkai (Japon) 2019

Les Enfants du Temps est un film d’animation japonais sorti en 2019, réalisé par Makoto Shinkai, également réalisateur du film Your Name (2016).

Ce film de type drame/fantastique raconte l’histoire de Hodaka, un adolescent qui tente de vivre seul à Tokyo après avoir fuit son île. Étant en manque d’argent, il trouve un poste dans une revue dédiée au paranormal. C’est alors qu’un phénomène météorologique extrême touche le Japon, exposé à de constantes pluies. Le garçon est missionné pour enquêter sur l’existence de filles soleil, capables d’influencer la météo. Il est peu convaincu par cette légende avant de rencontrer Hina, qui possède le pouvoir d’arrêter la pluie et de dégager le ciel.

Ce long métrage est une histoire d’amour qui nous plonge dans le Tokyo d’aujourd’hui, avec des dessins précis et modernes. Les images du ciel, les couleurs et les musiques font de ce film une merveille à regarder. L’histoire est belle et dépeint des personnages attachants ainsi que des scènes très émouvantes. Les Enfants du Temps est un beau mélange de rires et de larmes, le genre de film qui rend heureux.

Conseillé par Garance Narcisse (Promotion D2A 2020-2021)

Re-Gender - Armoza Format (Israel)

Format – 7×60 min – expérience sociale / télé-réalité intelligente

Re-Gender est un format israélien sous forme d’expérience sociale provocante, adaptable à de nombreux pays et disposant d’un attrait certain pour toute sorte de public. Dans cette série de documentaire-réalité, adaptée en Inde et en Allemagne depuis 2015, cinq hommes et femmes procèdent à un échange de genre temporaire pour apprécier pleinement les défis auxquels le sexe opposé est confronté. Une fois transformés, ils sont filmés lors d’expériences authentiques dans le monde extérieur, telles que des entretiens d’embauches, des sorties nocturnes, des relations sociales ou encore des situations propices au sexisme et aux stéréotypes de genre.

L’objectif de ce format est de briser ces stéréotypes et de favoriser la prise de conscience de l’inégalités des sexes des participants ainsi que des spectateurs.

« Re-Gender traite de la question très importante et très répandue des stéréotypes de genre dans notre société et contribue à changer ces idées préconçues en donnant aux participants la chance de voir la vie sous un angle opposé. » Avi Armoza.

Conseillé par Alice Dieulafait (Promotion D2A 2020-2021)

Walls and The Tiger, de Sushma Kallam (Inde) 2015

Le documentaire, réalisé par Sushma Kallam, se passe dans l’État de l’Andhra Pradesh, dans le sud-est de l’Inde, où une communauté d’agriculteurs se sont unis pour lutter contre plusieurs actions et mesures du gouvernement, plus particulièrement les « zones économiques spéciales ». Ces zones sont d’anciennes terres d’agriculteurs qui ont été forcés de vendre leur terre à des sous-traitants de multinationales américaines installées en Inde. Le film traite de l’importance de préserver un pan entier de la population rurale indienne qui dépend de l’agriculture mais qui est menacée par ces nouveaux acteurs économiques issue de la mondialisation.

Il est raconté par la perspective de la réalisatrice qui a grandi dans un de ces villages. Très beau visuellement, le documentaire aborde la question de l’impact de la mondialisation en Inde. Les témoignages des villageois sont poignants et rendent compte de l’inaction et du silence du gouvernement indien face à ces injustices. C’est un très bon film qui expose clairement les effets néfastes de la mondialisation et nous permet de porter une réflexion sur le coût sociétal et environnemental de ce phénomène, tout en faisant entendre les voix de cette population rurale au-delà des frontières indiennes.

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Conseillé par Alexandre Destours (Promotion D2A 2020-2021)

EUROPE

Capitaines d’avril, de Maria de Meideros (Portugal) 2000

Ce film portugais de Maria de Meideros a été 5 fois nominé dont une fois dans la catégorie Un certain regard au festival de Cannes en 2000, et primé au Prix Fondation Gan pour le cinéma en 1999 pour le scénario. Il a reçu plusieurs autres récompenses dont le prix du meilleur film au Festival international de São Paulo et du Meilleur film et de la meilleure actrice au Globos de Ouro au Portugal en 2001.

Il traite de la révolution des œillets de 1974 au Portugal. Les personnages sont de jeunes portugais issus de la société civile et militaire qui souhaitent renverser la dictature établie par Salazar. C’est ainsi qu’ils décident de fomenter un coup d’Etat à la fois militaire et pacifiste.

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Conseillé par Célia Sacuto (Promotion D2A 2020-2021)

Goads, de Iris Baglanea (Grèce) 2020

Goads est le premier film de la réalisatrice et thérapeute Iris Baglanea. Ce court-métrage grec ayant pour thème le pouvoir libérateur du traumatisme a déjà été largement salué par la critique. Il a notamment reçu le prix du jury au festival international du film d’Athènes ainsi que celui du meilleur court-métrage au festival de Drama. En observant les avis émis, on constate que ce dernier est loué pour ses thématiques universelles, son excellente efficacité narrative mais aussi pour son visuel grâce au travail de la photographe Olympia Mytilinaiou.

Résumé : Dans une ferme isolée, une famille semble évoluer selon des règles propres. L’héroïne, Héra, se plie avec sa sœur aux sessions d’entraînement d’un père obsessionnel souhaitant plus que tout libérer ses filles de la peur de la mort. Malgré des moments d’évasion dans un imaginaire plus tendre, les méthodes de plus en plus traumatisantes par lesquelles lui est enseigné le cycle de la vie font brutalement entrer Héra dans l’âge adulte. Dans un grand cri de colère, la petite fille s’oppose pour la première fois à son père et à l’ordre des choses en refusant d’accepter que tout ce qu’elle aime soit condamné à mourir. La scène finale illustre ainsi ce moment clé où quelque chose se brise en chaque individu qui grandit et qui perd ce qui lui reste de l’enfance.

Conseillé par Manon Deltour (D2A promotion 2020-2021)

Heimebane, de Johan Fasting (Norvège) 2018

La série nous parle de Helena Mikkelsen, réputée pour être la meilleure entraîneuse de foot féminin de son pays. Elle est choisie pour prendre en charge une équipe masculine de première division en difficulté financière. Mais un ancien professionnel international estime que c’était à lui d’avoir ce rôle ! Tout au long de la série, elle va devoir s’affirmer pour combattre les préjugés et se faire accepter malgré des menaces allant jusqu’au harcèlement sexuel et moral. Même les médias et son propre club vont commencer à douter d’elle. Et en plus de devoir s’imposer dans ce monde d’hommes à l’esprit parfois fermé, elle devra gérer sa vie de mère célibataire d’une adolescente. Alors la question que le téléspectateur va sans cesse se poser est la suivante : comment va-t-elle faire pour mener à bien la mission qui lui est confiée (redresser les finances du club) tout en surmontant les jugements permanents et les adversités et sans négliger sa vie personnelle ?

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Conseillé par Quentin Bonnefont (D2A promotion 2020-2021)

Kız Kardeşler (Les Soeurs), de Emin Alper (Turquie) 2019

Le film Les Soeurs est un drame turc réalisé par Emin Alper nominé pour l’Ours d’Or à la Berlinale 2019. Après la mort de leur mère, Reyhan 20 ans, Nurhan 16 ans et Havva 13 ans ont une par une été envoyées chez des familles aisées de Turquie pour y travailler comme domestique. Congédiées pour différentes raisons, ces sœurs retournent vivre chez leur père dans leur village reculé de Turquie. Dans ce village coupé du monde et entouré de montagnes enneigées, comme pour symboliser une prison à ciel ouvert, les trois sœurs rêvent d’un avenir meilleur. Entre rires et disputes, elles avancent ensemble et soudées accrochées à l’espoir.

C’est un film sur le fatalisme de la vie, les liens et la solidarité familiale, mais aussi sur les relations homme/femme et père/fille en Turquie. Tout en laissant place à l’espoir, Emin Alper dépeint une société dans laquelle ni les femmes ni les hommes n’ont la possibilité de rompre le cycle prédéterminé de la vie.

Conseillé par Safaa Idir (D2A promotion 2020-2021)

#martyisdead, de Pavel Soukup (République Tchèque) 2019

#martyisdead est une mini-websérie tchèque réalisée par Pavel Soukup. Marty, 15 ans, se fait faucher par une voiture. Son père bouleversé découvre par hasard l’historique de l’activité de son fils sur les réseaux sociaux et une longue liste de vidéos terrifiantes dont Marty est l’auteur. Il décide alors de remonter la piste des vidéos pour comprendre les circonstances tragiques de la disparition brutale de son fils. A travers l’enquête du père, on réalise peu à peu que Marty était loin d’être l’ado ordinaire que ses parents pensaient connaître.

Cette websérie se regarde comme un thriller et met en lumière des problématiques actuelles comme le cyberharcèlement, les relations parents-adolescent, le catphishing et les dangers des réseaux sociaux. #martyisdead a remporté cette année le prestigieux International Emmy Award dans la catégorie des formats courts.

Conseillé par Flora Merret (D2A promotion 2020-2021)

Le Sorelle Macaluso, de Emma Dante (Italie) 2020

Second film de la réalisatrice et dramaturge Emma Dante et tiré de la pièce du même nom, Le Sorelle Macaluso suit la vie de 5 sœurs, interprétées par 12 actrices différentes. Les cinq sœurs, orphelines, vivent seules dans un appartement dans la banlieue de Palerme, en Sicile, et y élèvent des colombes, qu’elles louent pour des mariages. L’histoire se déroule dans un univers féminin autosuffisant, évoquant un microcosme où l’on ne trouve aucun personnage masculin.

Et puis, une journée à la plage va se transformer en tragédie. La perte d’une sœur va s’avérer un poids trop lourd, une expérience trop douloureuse et difficile. Les survivantes seront dévorées par un grand sentiment de culpabilité pendant toute leur vie. Le film nous montre ce qu’il advient des existences des quatre femmes survivantes, qui deviennent trois puis deux, entourées par la présence de celles qui ne sont plus là.

Le film a fait partie de la sélection officielle du festival international de la Mostra de Venise en 2020 et la pièce, qui a été jouée de nombreuses fois en France, notamment au festival d’Avignon en 2014, a été applaudie partout dans le monde.

Le Sorelle Macaluso est un film émouvant et subtil, bouleversant et mélancolique qui ne laisse personne indifférent. Le temps qui passe et les épreuves de la vie, les souvenirs d’enfance et les épreuves du passage à l’âge adulte, sont des sujets universels traités ici avec beaucoup de poésie.

En définitive, c’est un film d’auteur italien, qui sort des clichés de son pays et va chercher davantage dans la beauté des images et dans la subtilité.

Conseillé par Zoé Bontempelli (D2A promotion 2020-2021)

Sommaren 85, de Kristina Kjellin, Mikael Syrén (Suède) 2020

Somarren 85 est une série suédoise en 6 épisodes de 45 minutes, diffusée cet automne sur la chaîne de télévision suédoise SVT. Elle suit 3 personnages de femmes (la fille, la mère et la grand-mère), qui se sentent enfermées dans leur petite ville et rêvent d’aventure et de passion. La série raconte cet été 1985 qui va bouleverser leurs vies.

C’est une série drôle, feel good, et à l’univers vintage puisqu’elle se déroule en 1985. Sa force principale réside dans les thèmes abordés, souvent peu montrés à l’écran. On pense notamment à la représentation du corps et de la sexualité des femmes après 60 ans. C’est aussi une plongée dans l’univers des années 80, avec ses costumes, coiffures et chansons… Mais surtout, Somarren 85 est l’occasion de découvrir une série scandinave qui ne soit pas une série policière !

Conseillé par Marianne Cocula (D2A promotion 2020-2021)

Tales from the Prison Cell, de Abel Visky (Hongrie, Croatie, Royaume-Uni) 2020

Dans un centre pénitentiaire, trois pères de famille rédigent chacun un conte, comme une lettre à destination de leurs enfants. A partir ces premiers mots, même un peu maladroits, mais empreints d’une grande sincérité, ils réalisent eux-mêmes un court-métrage dans lequel ils se mettent en scène. Il y a évidemment de la part du réalisateur qui s’intéresse à cette infime partie de l’histoire de l’humanité, une façon de l’envisager par l’envers de ses médailles qui me touche personnellement ; mais la poésie survient d’abord presque d’elle-même, de la rencontre entre ces hommes et leur propre sensibilité. Celle-ci les emmène dans un univers visuel que j’ai trouvé proche parfois de celui d’Harmony Korine (Mr.Nobody, Gummo); et qui trouve tout son sens dans l’intime même des histoires familiales de ces hommes emprisonnés.

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Conseillé par Luna Blanchard (D2A promotion 2020-2021)

Twin, de Kristoffer Metcalfe (Norvège) 2019

Sélectionnée au festival de Séries Mania dans la catégorie « meilleure série » en 2019, Twin raconte l’histoire de deux jumeaux, Erik et Adam, aux personnalités opposées. Erik est un surfeur fauché, croulant sous les dettes et fuyant ses propres responsabilités. Adam, lui, est marié et père de deux enfants, il gère un établissement hôtelier prospère dans la région des fjords. Bien que cela fasse quinze ans que les deux frères s’évitent, quand Erik se présente au dépourvu au domicile d’Adam, tout est en place pour qu’un drame éclate.

Crime drama feuilletonnant sur fond de mystère familial, cette série aux arches narratives haletantes nous permet de découvrir Rebekka Nystabakk, éblouissante dans son rôle aux côtés de Kristofer Hivju, lui aussi très bon dans la valse – pourtant périlleuse – entre ses deux rôles. La réalisation de Kristoffer Metcalfe nous donne également l’occasion de jouir du paysage lumineux et somptueux des fjords norvégiens, une douce manière de voyager pendant le confinement.

Conseillé par Charlotte Chaplais (D2A promotion 2020-2021)

Who am I – Kein System ist sicher, de Baran Bo Odar et Jantje Friese (Allemagne) 2014

Premier thriller à se hisser en tête du box-office allemand depuis les années 1980, Who am I – Kein system ist sicher (Qui suis-je ? Aucun système n’est sûr, en français) nous raconte l’histoire de Benjamin, jeune génie informatique, timide et délaissé, qui va se rallier à un groupe de hackers provocateurs et avides de reconnaissance. Désireux de « pirater le monde », Benjamin connaît enfin un sentiment d’appartenance et devient, à leurs côtés, l’un des hackers les plus recherchés. Entre quête identitaire et enquête cybercriminelle, Who am I nous plonge dans l’univers sombre de l’illégalité informatique, jusqu’à nous faire entrevoir les tréfonds du Darknet, le tout sur la musique effrénée du dj Boys Noize. Avec son esthétique glauque et son ambiance pesante, le film rencontre rapidement son public, dès sa sortie en 2014, et vaut au réalisateur et à la scénariste, Baran Bo Odar et Jantje Friese (aujourd’hui connus pour leur série Dark) de remporter 3 German Movie Awards et le Bambi du meilleur film allemand.

Conseillé par Cassandre Schneiter (D2A promotion 2020-2021)